Les grands décideurs de la Méditerranée s'engagent à protéger leur environnement marin et côtier et à œuvrer pour le développement durable dans la région

11.12.2013

C’est dans le cadre de la 18ème réunion ordinaire des parties contractantes à la Convention de Barcelone (COP 18 ) que les ministres et les chefs de délégations de 21 pays méditerranéens et la Commission Européenne se sont engagés à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire de la Méditerranée une mer propre, saine et productive avec des écosystèmes préservés. Organisée par le PNUE / PAM, le Secrétariat de la Convention de Barcelone, la réunion, accueillie par le gouvernement turc, s’est tenue à Istanbul du 3 au 6 Décembre.

Plus de la moitié des ministres et vice-ministres méditerranéens ont participé au segment ministériel de la réunion. Pour la première fois, les pays méditerranéens et l'Union européenne ont discuté et convenu de promouvoir « les villes côtières respectueuses de l'environnement » qui appliquent les principes de gestion intégrée des zones côtières à la planification urbaine, introduisent les technologies vertes pour réduire la pollution de l'environnement et adhèrent à la gestion des activités humaines basée sur les écosystèmes.

Dans son discours d’accueil pendant l’ouverture de la réunion ministérielle, le ministre turc de l'Environnement et de l'Urbanisation S.E.M. Erdogan Bayraktar a réitéré l'engagement de la Turquie à la protection des mers contre la pollution, et a souligné l'importance de la gestion coordonnée des déchets marins par les pays méditerranéens . « La pollution marine ne connaît pas de frontière » dit-il, « la pollution dans un pays affecte les 21 autres pays " ajouta-t-il en précisant que c'est le rêve de tous les pays de la Méditerranée de transformer leurs villes côtières en « Villes respectueuses de l’Environnement ». 

Les Parties contractantes ont discuté et adopté la Déclaration d'Istanbul, et 17 décisions. Le Plan d'action régional pour la lutte contre les déchets marins, est une décision d’extrême importance pour la Région. Ce plan est le premier effort de suivi au niveau régional, de l’engagement mondial à la suite du sommet Rio +20 à réduire les déchets marins en 2025. Il vise à assurer la gestion des déchets solides en tenant compte de l'environnement, à réduire les volumes de déchets, à promouvoir le recyclage et les modes soutenus de consommation et de production. «La plupart des déchets que nous produisons sur terre finissent dans les océans, soit à travers la décharge intentionnelle ou à travers les égouts et les rivières », a déclaré M. Ibrahim Thiaw, Directeur Exécutif Adjoint du PNUE, soulignant que les impacts de l'urbanisation croissante et la pollution ont un impact sur le bon état et la productivité de la mer. Dans le cadre du Plan, PAM s'engagera avec les industries et les institutions à réduire les lacunes de connaissance, à développer les capacités de fournir des solutions techniques saines et des ressources financières suffisantes pour prévenir, réduire et éliminer les déchets de la Méditerranée .

Le PNUE/PAM a également signé un protocole d'entente avec l'Union pour la Méditerranée (UpM ) qui vise à fournir un cadre de coopération pour la prévention et le contrôle de la pollution des eaux côtières et marines de la Méditerranée, ainsi que pour le développement durable. Le PNUE / PAM a signé un autre protocole d'entente avec l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui vise à résoudre plus efficacement les problèmes liés à la conservation des écosystèmes marins et côtiers et l'utilisation durable des ressources marines vivantes dans la région méditerranéenne.

La Coordonnatrice et Secrétaire Exécutive du PNUE / PAM / Secrétariat de la Convention de Barcelone, Maria Luisa Silva Mejias a reconfirmé le rôle du PAM en tant que catalyseur des efforts de tous les acteurs de la Méditerranée et a déclaré: « Nous n'avons pas seulement signé des accords et tenu des réunions avec nos partenaires, mais nous avons aussi déployé de sérieux efforts pour aboutir à des résultats concrets concernant l'amélioration de la gestion des aires protégées, les objectifs de la réduction de la pollution et la GIZC».

Les Parties contractantes ont également adopté des objectifs et des définitions concrets pour le Bon Etat de l’Environnement pour atteindre les 11 objectifs écologiques convenus pour créer une Méditerranée saine avec des écosystèmes marins et côtiers productifs et biologiquement diversifiés dans l’intérêt des générations actuelles et futures. Les Parties ont également convenu de mettre la question de la collecte rigoureuse de données, le flux d'information et l'échange de connaissances au cœur de l’ordre du jour du PAM pour les deux prochaines années.

Des mesures pour la protection et la conservation des espèces, y compris le phoque moine, et les tortues marines, ainsi que la protection des habitats et spécifiquement les coraux dans la mer Méditerranée, étaient également parmi les décisions adoptées par les Parties contractantes. Elles ont également décidé d’augmenter le nombre et la visibilité des Aires Spécialement Protégées d'Importance Méditerranéenne ( ASPIM ) établies dans le cadre de la Convention de Barcelone et de développer un réseau cohérent, représentatif et bien géré d'aires marines et côtières protégées dans la Méditerranée. Dans ce contexte, elles ont également convenu d’assurer un financement durable pour de telles initiatives.

Conformément aux engagements de Rio +20, la COP18 a également décidé d'élaborer un plan d'action pour la région de la Méditerranée pour traiter des priorités communes à la consommation durable et la production, y compris la réduction des impacts des activités humaines sur les écosystèmes marins et côtiers.

La réunion a porté également sur les mesures nécessaires pour prévenir la pollution offshore et celle résultant du transport en Méditerranée, en demandant de réviser les plans d'action pertinents dans le cadre du Programme de travail de 2014-15.