Earth Hour 2020 : élevons la voix pour une Méditerranée en bonne santé

Lancé en 2007 à Sydney par le WWF et ses partenaires, Earth Hour est devenu aujourd'hui l'un des plus grands mouvements citoyens pour l'environnement.

Ayant lieu chaque année au dernier samedi du mois de mars, Earth Hour engage des millions de personnes dans plus de 180 pays. Les participants éteignent symboliquement les lumières pour signifier leur soutien à la planète.

Au-delà du symbolisme de l’action, l’événement est devenu un véritable catalyseur d’action citoyenne en faveur de la protection des écosystèmes et de la lutte contre le changement climatique. 

En participant à Earth Hour, le Plan d'action pour la Méditerranée du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE / PAM) entend sensibiliser à la nécessité de réduire la pression, y compris celle émanant des impacts du changement climatique, à laquelle les écosystèmes marins et côtiers en Méditerranée se trouvent soumis.

Le système PNUE / PAM – Convention de Barcelone appelle à ce que 2020, appelée « super année pour la nature et la biodiversité », soit une « super année pour la Méditerranée et son littoral » sur la base de l’engagement exprimé par les Parties contractantes dans la Déclaration ministérielle de Naples dans quatre domaines prioritaires, à savoir : les déchets marins, le changement climatique, la biodiversité et l’économie bleue.

En marquant Earth Hour, nous vous invitons à faire entendre votre voix en appelant à une action ferme pour protéger les écosystèmes et la biodiversité dans la région méditerranéenne.

Eteignons les lumières pour une heure et mettons un terme à la pollution pour la vie.

Cela passe par des choix simples qui réduisent la quantité de déchets en plastique qui jonchent les plages ou finissent en mer. La Méditerranée est en effet l'une des mers régionales les plus touchées par le fléau des déchets marins au monde.

Voici comment vous pouvez aider

  • Si vous êtes actifs dans les réseaux sociaux, participez à la campagne digitale en marquant @EarthHour et en utilisant les hashtags #EarthHour et #BarcelonaConvention dans vos publications. Utilisez les faits et chiffres fournis ci-dessous pour alerter votre entourage sur la situation des écosystèmes méditerranéens.
     
  • Ajoutez le logo Earth Hour à votre site Web et à votre profil dans les réseaux sociaux. Cliquez sur ce lien pour télécharger le kit de communication Earth Hour.
     
  • Éteignez les lumières pendant une heure le samedi 28 mars 2020 à 20h30 (heure locale).
     
  • Dites non aux déchets en plastique en recherchant des alternatives d’emballages alimentaires et en abandonnant les sacs en plastique à usage unique.
     
  • Rejoignez-nous pour saluer l'action de deux Parties contractantes à la Convention pour la Protection du Milieu marin et du Littoral de la Méditerranée (Convention de Barcelone):

Le Monténégro, où le Ministère du Développement durable et du Tourisme a récemment suspendu l’achat et l'utilisation de certains articles en plastique tels que les pailles pour boissons et a opté pour l'eau du robinet dans des carafes en verre.

La Tunisie où une interdiction des sacs en plastique à usage unique dans les supermarchés est entrée en vigueur le 1er mars 2020 (lire l’article).

N'oubliez pas que vos choix sont importants. Encouragez vos amis, collègues et le public auquel vous vous adressez à participer activement à Earth Hour.

La situation en faits et chiffres

Des écosystèmes sous pression

  • La région méditerranéenne abrite plus de 510 millions de personnes, soit 7% de la population mondiale. Un tiers de ses habitants vivent près du littoral.
     
  • Plus de 20% du trafic maritime mondial transite par la mer Méditerranée, exposant ainsi les écosystèmes aux risques de pollution et les populations côtières aux effets néfastes de la dégradation de la qualité de l’air.
     
  • La Méditerranée se classe parmi les premières destinations touristiques au monde. Les arrivées internationales ont été multipliées par six depuis 1970, atteignant 337 millions en 2017. L’activité des croisières a triplé en volume depuis 2000, atteignant 28 millions de mouvements de passagers en 2018. Selon ce rapport du WWF, le tourisme balnéaire estival génère une augmentation de 30% des déchets dans certaines municipalités côtières.

La dépendance au plastique nuit à la santé de la Méditerranée

  • L'une des plus grandes quantités de déchets marins flottants, atteignant 64 millions d’articles par kilomètre carré, a été enregistrée en Méditerranée. On estime qu’un demi-milliard d'articles jonchent le fond de la Méditerranée avec des concentrations dépassant parfois 100000 articles par kilomètre carré.
     
  • La Méditerranée reçoit des déchets en provenance des zones côtières et des fleuves traversant les grandes villes avant de se jeter en mer. La quantité de plastique ainsi déversée est estimée à 200 tonnes par an.
     
  • Le plastique représente près de 90% des déchets marins flottants et 70% des articles reposant sur le fond marin.
     
  • La plupart des déchets marins trouvés sur les plages proviennent d'activités balnéaires. Une analyse réalisée en 2016 sur 33 plages a indiqué que cinq types de déchets marins, principalement des plastiques à usage unique (couverts / plateaux / pailles, mégots de cigarettes, couvercles, bouteilles en plastique et sacs à provisions) représentent plus de 60% du total recensé.
     
  • Une fois ingérées, les particules microplastiques peuvent libérer des substances chimiques bioaccumulables et toxiques, qui nuisent au développement humain et aux systèmes reproductif et nerveux.

Nous pouvons vaincre le fléau des déchets marins

La quantité de déchets marins a diminué de 39% par rapport aux valeurs de référence de 2016, selon une étude préliminaire entreprise par le PNUE / PAM en novembre 2019. L’étude a pris en compte les données fournies par 13 pays méditerranéens, y compris les résultats provenant de la mise en œuvre de 20 pilotes « Adopt-a-beach » de taille moyenne. Ces pilotes sont mis en œuvre par le PNUE / PAM dans dix pays méditerranéens. Guidé par une méthode développée par le PNUE / PAM, « Adopt-a-beach » est un programme de prise en charge des plages centré sur la sensibilisation et la participation citoyenne aux activités de prévention et de nettoyage. 

La biodiversité en Méditerranée croule sur l’empreinte surdimensionnée du développement humain

  • Selon ce rapport de la FAO, 62% de ses stocks halieutiques en Méditerranée sont exploités à un niveau biologiquement non durable.
     
  • Les équipements de pêche perdus ou abandonnés sont responsables de la « pêche fantôme » qui piège les organismes et épuise davantage les stocks de poissons. Ce phénomène se perpétue sournoisement du fait que les animaux piégés et morts servent d’appât attirant davantage d’organismes.
     
  • Jusqu'à 80% des tortues marines sont touchées par les déchets dans certaines régions du bassin méditerranéen.

Les impacts du changement climatique engendrent une pression supplémentaire qui s’exerce sur les écosystèmes méditerranéens

  • La région méditerranéenne s'est réchauffée d'environ 1,5° Celsius depuis l'époque préindustrielle, soit 20% plus rapidement que la moyenne mondiale, selon MedECC – une interface science-politique que le PNUE / PAM soutient par le biais de son Centre d'activités régionales Plan Bleu.
     
  • L'acidification de l'eau de mer et l'augmentation de température ont déjà causé la perte de 41% des principaux prédateurs, y compris les mammifères marins.
     
  • L'élévation du niveau de la mer devrait progresser de 0,45 m à plus de 2 m d'ici 2100.
     
  • L'ampleur et l'intensité des invasions de méduses, qui ont été exacerbées par l'augmentation de la température de l'eau, perturbent les écosystèmes.
     

À l'occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage (3 mars), nous avons exprimé notre inquiétude au sujet des pressions que les activités humaines non durables et la surexploitation des ressources naturelles ne cessent d’exercer sur la diversité biologique en Méditerranée.

Date of Article: 
Friday, March 20, 2020